Partager l'article ! Population européenne en déclin : quelle solution?: La population européenne diminue en même temps que son tau ...
La population européenne diminue en même temps que son taux de natalité. Attention danger ? Deux experts s’expriment sur le sujet.
La construction de l’Union européenne est un sujet dont on parle de plus en plus. Mais au beau milieu de toutes les habituelles questions d’ordre politique, il y a un problème sur lequel on ne se penche peut‑être pas assez souvent : d’ici quelques années, le nombre d’Européens sera de quelques millions inférieur à celui d’aujourd’hui. Est-ce vraiment un problème ?
D’après Jérôme Vignon, directeur à la Direction générale emploi, affaires sociales et égalité des chances de la Commission européenne, il s’agit d’un phénomène préoccupant. Il n’hésite d’ailleurs pas à qualifier le déclin démographique de « frein à la prospérité ». Pourquoi ? Notamment parce que « les dépenses iront en priorité aux plus âgés », au détriment de l’amélioration de l’insertion professionnelle des jeunes.
Mais tous les experts ne partagent pas son avis. En effet, les propos de Michel Loriaux vont dans un tout autre sens. Selon ce professeur de démographie à l’Université catholique de Louvain, la situation ne sera pas catastrophique. C’est pourquoi il fustige l’attitude de la Commission qui, par le biais de slogans comme « Pas de croissance sans berceaux ! », « verse dans un natalisme dépassé ». Contrairement au fonctionnaire européen, il estime qu’il ne faut pas s’alarmer, que « la relance de la fécondité ne doit pas être un objectif en soi », et surtout, « qu’elle ne doit pas nous détourner des vrais combats comme la lutte pour l’égalité homme‑femme ». Le professeur universitaire va même jusqu’à affirmer qu’il faut se faire à l’idée que « l’Europe ne recouvrera pas sa splendeur démographique » d’antan, et qu’il « faut adapter nos sociétés à ce bouleversement, au lieu d’exhorter les Européens à faire plus d’enfants ». Pourtant, pour M. Vignon, la croissance démographique européenne est une obligation, et il s’appuie sur le cas du Japon pour étayer sa thèse : la baisse du dynamisme démographique japonais « s’est accompagnée d’un ralentissement de la productivité du travail ».
En tous les cas, il semble difficile, aujourd’hui, de prévoir les conséquences que cet inévitable déclin démographique aura sur la vie des citoyens européens. Mais si l’avis des deux hommes s’avère opposé, il y a quand même un point sur lequel ils s’accordent : un renforcement de l’immigration n’est pas la solution.
Pierre Marchal
sources: Faut-il s'inquiéter du déclin de la population européenne? ; article paru dans le Vif l'Express du 29/07/2005
Commentaires